Le musée juif de la Déportation et de la Résistance

Ce musée est l'un des rares musées européens installé sur le lieu même où se déroulèrent les événements dont furent victimes les Juifs durant la 2e guerre mondiale. Le musée est implanté dans une aile de l'ancienne caserne Dossin où les Juifs de Belgique furent rassemblés et d'où ils furent déportés vers les camps d'extermination. Un musée qui veut conserver vivant le souvenir du martyre des Juifs...


Avant notre visite au Musée juif de la Déportation et de la Résistance, penchons-nous sur la tragédie que vécurent les Juifs pendant la 2e guerre mondiale. Plus précisément, quel fut le rôle de cette fameuse caserne Dossin de Malines où est installé le musée? Ceci expliquera pourquoi le choix s'est porté sur ce bâtiment pour fonder le Musée juif de la Déportation et de la Résistance.

La Caserne Dossin durant la 2e guerre mondiale

La "Caserne Dossin de Saint-Georges" fut construite au 18e siècle. Elle remplit sa fonction normale de caserne jusqu'à la 2e guerre mondiale. En juillet 1942, la caserne Dossin fut affectée à une autre destination : "SS Sammellager Mecheln", c'est-à-dire le point de rassemblement pour la déportation des Juifs de Belgique. Le choix se justifie notamment parce que la caserne disposait d'une liaison de chemin de fer avec la gare de Malines.

Entre-temps, les Nazis avaient réglé la question juive, à la Conférence de Wannsee. Il s'agissait de la "Endlösung", la "solution finale" (l'extermination). Les Juifs qui vivaient en Belgique furent donc rassemblés à la caserne Dossin dans le but de les déporter dans des camps d'extermination. Dès la réouverture de la caserne en 1942, on vit des trains transporter des citoyens juifs vers l'Est, avec comme principale destination le camp d'Auschwitz-Birkenau.

Le premier transport partit le 4 août 1942. De 1942 à 1944, on estime à environ 25.000 le nombre de prisonniers juifs qui quittèrent la caserne Dossin pour leur dernier voyage. Deux tiers de ces prisonniers furent gazés immédiatement à leur arrivée (notamment au moyen du fameux gaz Zyklon B). Seuls quelque 1.200 déportés étaient encore en vie à la Libération.

Finalement, on estime que près de la moitié des Juifs de Belgique moururent durant l'Occupation. Les chiffres de nos pays voisins sont aussi élevés. Aux Pays-Bas, le pourcentage de victimes atteint même 80 à 90%. Malgré tout, de nombreux Juifs ont pu échapper aux bourreaux du Troisième Reich. C'est grâce au courage des groupes de Résistants, de communautés religieuses et de compatriotes non juifs.

Juste après la guerre, la caserne Dossin servit encore quelques années. C'est là que furent condamnés et exécutés un certain nombre de collaborateurs.

Le Musée juif de la Déportation et de la Résistance

Le 20 septembre 1992, on posa la première pierre du musée à la Caserne Dossin. Trois ans plus tard, ce fut l'inauguration du nouveau musée. La Communauté juive de Belgique veut faire de ce musée un outil pédagogique et un mémorial, symbole de la tragédie, afin que les jeunes et les plus âgés n'oublient jamais ces événements.

Le Musée juif de la Déportation et de la Résistance décrit l'histoire de la "solution finale" en Belgique et en Europe. Le musée traite de divers sujets : l'extermination de près de la moitié des Juifs de Belgique pendant la 2e guerre mondiale, la Résistance des Juifs qui voulaient échapper à la déportation, et l'aide que leur apporta une frange de la population belge. Cette aide revêtit plusieurs formes (cachettes, faux papiers, soutien matériel, ...). Une partie du Musée est également consacrée au rôle important que les Juifs clandestins jouèrent dans la Résistance belge (surtout auprès des Partisans Armés).

L'année dernière, le Musée juif de la Déportation et de la Résistance accueillit environ 25.000 visiteurs. Le musée dispose d'une riche bibliothèque. Il soutient et encourage les recherches qui sont menées autour de la déportation des Juifs. On peut effectuer une visite virtuelle sur

le site du musée
(en anglais et en néerlandais).

Si vous visitez le musée, vous pouvez combiner votre visite avec celle du

Fort de Breendonk
, qui se trouve près de Malines. C'est à Breendonk que furent enfermés, torturés et condamnés les prisonniers politiques (principalement des résistants belges).

Informations pratiques

Musée juif de la Déportation et de la Résistance
Joods Museum van Deportatie en Verzet
Goswin de Stassarstraat 153 - 2800 Mechelen
Tél. 015.29.06.60 - fax 015.29.08.76
E-mail : 

jmdv@pandora.be
- site web :
www.cicb.be

Paul Willems









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